Commençons par une question largement débattue : la fluorescence des fleurs, en particulier dans le bleu, attire-t-elle les pollinisateurs ? Avant d’examiner cette question, rappelons que la sélection naturelle a fait évoluer les fleurs dans leur forme, leur couleur et leur parfum, de façon à optimiser l’attraction des insectes pollinisateurs qui viennent se régaler de nectar. En retour, ces derniers assurent la fécondation en transportant des grains de pollen depuis les étamines (organes mâles dont les parties terminales, appelées anthères, produisent et contiennent les grains de pollen) vers les stigmates (organes femelles) d’une fleur de la même espèce.Or, il s’avère que les anthères, le pollen et le nectar sont fréquemment fluorescents, et souvent dans le bleu.
Certains chercheurs doutent que cette fluorescence contribue à l’attraction des pollinisateurs, estimant qu’en plein jour son intensité est faible par rapport à celle de la lumière globale renvoyée par la fleur.Cependant, des expériences réalisées sur le terrain par des chercheurs japonais renforcent l’hypothèse d’une attirance des pollinisateurs en plein jour par la fluorescence bleue. En effet, ils ont observé que des abeilles mellifères,soumises à la vue de deux cibles, étaient davantage attirées par celle qui contenait de l’acide chlorogénique (composé présent dans les fleurs, qui fluoresce dans le bleu) que par l’autre cible qui n’en contenait pas.
Il a également été démontré que la fluorescence bleue des plantes carnivores contribue à l’attraction des proies. Ces plantes poussant en milieux pauvres acquièrent leurs nutriments en capturant et digérant des araignées, des fourmis et autres insectes grâce à des pièges biologiques développés par les feuilles. Les attraits les plus connus de ces pièges sont le nectar, les signaux olfactifs et la couleur. Chez les plantes dites à urnes, il faut y ajouter la fluorescence bleue émise par l’anneau de tissu, appelé péristome, qui marque l’entrée de l’urne remplie de liquide digestif. Après avoir masqué la fluorescence bleue des péristomes de sarracénies, un genre nord-américain, des chercheurs ont constaté une réduction drastique de la capture des proies, ce qui suggère que ce guide fluorescent bleu contribue à attirer ces dernières dans la gueule du loup.



