Futur des serres et serres du futur


Les serres de l’Eden Project (2001) sont commede grosses bulles issues des profondeurs de la terre,Cornouailles britanniques. - © Gilbert Bochenek (Wikicommons)

Dans le domaine de l’innovation et de la reconversion de structures architecturaleset techniques contemporaines innovantes et translucides en lieux dédiés auvivant, la ville de Montréal est représentative avec deux exemples, la Biosphère etle Biodôme.

Dans le domaine de l’innovation et de la reconversion de structures architecturaleset techniques contemporaines innovantes et translucides en lieux dédiés auvivant, la ville de Montréal est représentative avec deux exemples, la Biosphère etle Biodôme.

L’expérience la plus globale utilisant une serre fut celle lancée à la fin desannées 1980 aux États-Unis, dans le désert de l’Arizona. Elle s’appuyait sur lespossibilités de maîtrise de construction et de régulation du climat interne d’uneserre. Ce projet portait le nom de « Biosphère 2 ». L’objectif initial était de créer,sous forme de dôme transparent d’une superficie de 12 700 m², un lieu totalementsans contact avec le monde extérieur afin d’évaluer la faisabilité d’unsystème écologique artificiel clos, et ce dans le cadre d’une éventuelle installationspatiale sur la Lune ou sur Mars. La structure, construite entre 1987 et 1991,accueille une première expérience qui doit se dérouler sur deux années (1992-1993). Elle sera interrompue à cause d’unebaisse continue du taux d’oxygène (0,5 % parmois) à l’intérieur de l’enceinte, ayant desconséquences sur la vie des plantes maissurtout des hommes et femmes qui vivaientdans la serre. Une seconde expérimentationest lancée en 1994 et ne dure que six moissuite à des différends entre les participants.Aucune de ces deux expérimentations n’iradonc jusqu’au bout. Néanmoins, restait ensuspens la cause de la raréfaction de la teneuren oxygène. Une réponse a été donnée : lephénomène était dû à une vie bactériennefortement consommatrice d’oxygène, qui s’était développée dans les 30 000 tonnes de terre végétale introduite et quin’avait pas encore trouvé son équilibre biologique.

Serres et laboratoires du projet scientifiqueBiosphère 2 (1980), en vue de connaître les capacitésd’adaptation des humains en milieu clos,désert de l’Arizona (États-Unis). - © st1909 (Adobe Stock)

C’est ainsi qu’à Shanghaï(Chine), à l’occasion de la créationdu jardin de Chenshanpour l’exposition universellede 2010, trois grandes serres– tropicale, tempérée et désertique– de 15 000 m2 chacune,surprennent par leur conceptionfuturiste et leurs dimensions.Mais dès 2012, àSingapour, dans les Gardens bythe bay, deux grandes serres del’ordre de 12 000 m2 chacunedominent la mer. L’une d’entreelles, Cloud Forest, abrite « unemontagne » de 35 mètres dehaut, de laquelle descendentdes cascades au milieu d’unevégétation luxuriante. L’autreserre, Flower Dome, présentedes plantes de divers continentsdont la floraison est spectaculaire et/ou curieuse.

Plus proche de nous, en France, un projet, Tropicalia, pourrait être implantédans les Hauts-de-France. La serre se développerait sur une superficie de20 000 m². Selon les concepteurs, cette « véritable bulle d’harmonie » serait un« lieu de découverte, d’émerveillement et de sensibilisation, une invitation aurêve, au voyage et à l’apprentissage. Elle abritera une faune et une flore riches etdiversifiées : fleurs exotiques, papillons, colibris, poissons amazoniens, tortues,caïmans, jardins d’eau, cascades et bassins. » Le dôme de cette serre chauffée à28 °C serait composé de coussins d’air pressurisés en ETFE. Avant même d’êtreréalisé, l’aspect architectural innovant fit l’objet d’une présentation dans le cadrede la Biennale de Venise en 2021 !

Toujours plus grandioses et spectaculaires,les cascades tombent de 35 mètres.Serres du Gardens by the bay (2012), Singapour. - © tang90246 (Adobe Stock)

This text is an extract of the following book (in French):

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